Ce fort taux d'abstention (60%) peut à la fois s'analyser comme une lassitude des électeurs français suite à la non prise en compte de leur rejet de la constitution européenne en 2005 resservie deux ans plus tard via le traité de Lisbonne. A quoi bon aller voter si on ne prend pas en compte notre vote on du se dire certains...
Cependant, l'abstention ne peut se limiter à cette considération dans la mesure où l'on observe de forts taux d'abstention dans des pays où la constitution n'a pas été soumise à un referendum. Elle peut alors s'analyser comme un rejet des institutions européennes, trop éloignées de l'électeur, ce dernier ne parvenant pas à saisir leur intérêt, leurs compétences et leurs fonctions...pourtant gargantuesques. En effet, l'UE prend, peu à peu, la place des Etats, dans la mesure où elle a un impact de plus en plus grandissant dans la vie économique mais aussi dans la vie quotidienne.
La percée des écologistes est, à mon avis, une conséquence logique du matraquage à la fois télé-visuel, médiatique, culturel, scolaire mais surtout très soviétisant de l'écologie servie à toutes les sauces depuis deux ans en France. A force de semer une telle propagande verte, les écolos en récoltent les fruits, leur résultat est représentatif, et encore, ce n'est que le début...d'une mode qui finira heureusement pas s'essoufler mais qui a malheureusement de belles années devant elle.
Si D. Cohn Bendit, le "lanceur de pavé", est perçu comme le vainqueur de ces élections, il l'est moins que l'idée écologique qui a bien germée dans les têtes des électeurs qui ont davantage voté pour la couleur verte que pour les personnalités ou les compétences des candidats écolos.
Le film "home" de Y. A. Bertrand, diffusé l'avant-veille du scrutin, a encore appuyé sur le sentimentalisme écolo en vogue et jouant sur la peur façon "la terre est en danger" et certains citoyens ont même avoués avoir choisis de voter "europe écologie" suite au visionnage de ce film !
Les verts ne sont toute fois, à l'échelle européenne, pas tant vainqueurs que l'on a pu l'entendre puisque leur groupe parlementaire ne dépasse pas les 60 élus.
La défaite de Libertas apparaît comme la conséquence à la fois du vote écologiste. Il est en effet difficile aujourd'hui de concurrencer cette mode verte en jouant sur la corde patriotique, valeur tellement peu eu vogue dans notre pays, la France. A la fois également du vote UMP, ce parti qui a s'est emparé des thèmes de campagnes de Libertas, à savoir l'opposition à l'entrée de la Turquie et le protectionnisme. Comme l'a dit Philippe de Villiers le soir des élections, le MPF prend date et alerte les électeurs qui ont voté pour un parti qui agit d'une manière différente qu'il promet. Libertas a en quelque sorte été asphyxié par la machine UMP qui fonctionne mais jusqu'à quand ?
Quel est l'avenir du MPF ?
Il faut souligner que M. de Villiers a tout de même été réélu et qu'il a obtenu plus de 30 % des suffrages en Vendée et de bons scores dans les départements de S. Royal, cette réelection permet de maintenir une ossature européenne au MPF, ce qui lui permettra d'être informé de ce qui se passe au sein du Parlement et ainsi d'en alerter les Français.

